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Monique, rebelle du genre.

Bonjour, je m’appelle Monique, j’ai 35 ans,  je suis blanche et de classe moyenne.

Je suis redevenue lesbienne il y a quelques années, et c’est la plus belle décision de ma vie.

Monique, rebelle du genre.

J’ai pu rencontrer des lesbiennes activistes internationales, notamment Sheila Jeffreys qui travaille depuis longtemps sur la misogynie du mouvement trans.

J’ai commencé par essayé de comprendre l’enjeu avec le prisme féministe et lesbiennes spécifiquement, et j’ai très vite été choquée par le fait que je n’arrivais pas à comprendre le vocabulaire : mon cerveau bugait complètement par rapport à des mots employés et j’ai compris progressivement que c’était une stratégie d’agresseur. C’est une technique sidérante qui empêche de penser la cause des femmes et qui invisibilise complètement les violences sexistes, qui empêchent de dire  les violences misogynes. En plus  j’étais de plus en plus engagée dans des groupes politiques, dans des groupes militants de lesbiennes, et je voyais un effacement du mot lesbienne au profit du mot queer. Il n’existait plus que le mot « queer » alors que le mot lesbienne n’existait plus du tout. Je remarque cela particulièrement dans des groupes “jeunes” qui ne se réfèrent plus aux lesbiennes, mais qui utilisent uniquement le mot queer qui parfois, dérive en “gouine” ou en “dyke”… Moi, ça me pose problème parce que ce sont quand même des insultes.

J’entends qu’on puisse se réapproprier des mots, mais le mot lesbienne est vraiment un mot qui est spécifique pour nous décrire et qui n’est plus du tout employé.

En lien avec ces dérives de vocabulaire, il y a quand même des actes d’’agressions et une intrusion des espaces réservés aux femmes (donc, des espaces non-mixtes) en utilisant, du coup, le label de « femme trans » qui doivent être inclus dans nos luttes et/ou de “lesbiennes” trans qui sont hommes, et qui doivent être inclus dans des lieux qui sont réservés aux femmes…

Monique, rebelle du genre.

J’ai pu observer que ça changeait complètement l’ambiance dans notre groupe dès qu’une femme trans est présente. 

J’ai vécu une expérience assez pénible dans un groupe d’auto-défense féministe en “non-mixité” mais, en présence d’hommes qui s’identifient comme femmes.

Au cours de ce stage d’auto-défense, on apprend des techniques pour se protéger des agresseurs. Une « femme trans » était présente et prenait toute la place et au moment de d’échanger nos techniques et de commencer à s’entraîner, je me suis retrouvée en face d’elle. Elle faisait quasiment deux fois ma taille, elle avait vraiment une grande carrure. Je dis “elle” mais en fait, c’est un homme… et je me suis donc retrouvée à voir comment il tapait dans le matelas que je tenais, et au moment où moi j’ai dû répondre et commencer à pratiquer mon autodéfense, je me suis retrouvée en sidération.

En fait,  je me suis rendue compte plus tard que j’avais eu une réactivation de mon stress post-traumatique car je me suis dit : « mais c’est cet homme-là que je peux avoir en face de moi dans la rue! Et en plus, il sait comment je vais me défendre. Donc il a une longueur d’avance sur moi ».

J’étais très mal après ce stage. Au début, je ne comprenais pas pourquoi, mais j’ai compris ensuite que c’est parce que mon instinct ne faisait pas la différence entre femmes trans et hommes en fait!

 Il avait bien compris qu’il pouvait être mon agresseur.

Maintenant, je sais pourquoi je veux des espaces non-mixtes.

J’observe que je m’y sens bien plus en sécurité. J’observe aussi que les femmes sont dans de meilleures conditions pour vraiment être elles-mêmes, s’écouter et avoir la place qu’elles méritent.

Monique, rebelle du genre.

C’est quelque chose qui va faire le lien avec la notion d’emprise car, dans des groupes qui sont effectivement, en non-mixité avec des femmes lesbiennes, quelques-unes qui se définissent queers et qui sont sous l’emprise de ce dogme, pensent à inclure des femmes trans… Alors qu’aucune femme trans n’est présente, elles vont se soucier, et cela va être leur priorité avant tous les autres activismes (!), de la lutte pour l’accessibilité des femmes trans aux milieux non-mixtes de lesbiennes. Pour moi, c’est une preuve de l’attachement traumatique et de l’emprise que ce mouvement génère. C’est-à-dire qu’une lesbienne, avant même de lutter pour elle-même, va lutter pour des femmes trans qui sont donc des hommes!

J’ai envie de partager une expérience pas évidente en ce moment, je suis en lien avec une adolescente qui est sous emprise et donc qui veut se mutiler.

Je me rends compte qu’elle est complètement sidérée dans ses propos, qu’elle n’a plus aucune racine avec son instinct… Et j’ai fait un parallèle avec les femmes victimes de violences conjugales : une femme victime de violences conjugales, si on lui dit “quitte-le”, elle va juste couper le contact avec la féministe qui essaie de la tirer de l’emprise. Et je me rends donc compte que la seule chose que je peux faire, c’est de rester présente, l’aider à rester centrée sur elle-même, valider et encourager toutes les dynamiques de son instinct de prendre soin d’elle-même. Mais je ne peux pas lui asséner des contre-arguments qui pour l’instant sont empêchés par le transactivisme.

Donc en fait, je me rends compte que parfois, quand l’emprise est déjà là, le soutien féministe c’est d’être là pour l’écouter et rester présente jusqu’au moment où elle sera en mesure d’entendre de nouveaux propos.

Mais pour l’instant, sous emprise, elle n’aura pas accès aux propos féministes.

Et si la mastectomie s’est déjà produite, c’est horrible mais on ne pourra pas l’éviter. Ce mouvement est très violent et très efficace donc parfois, on ne peut pas éviter les mutilations.

Mais on peut toujours rester présentes même après pour, notamment, soutenir au moment de la détransition et puis,  de recréer un réseau de femmes bienveillantes autour d’elle.

Peux-tu nous dire pourquoi tu considères que cette idéologie constitue une menace pour les droits des femmes et en particulier pour les droits des lesbiennes?

Dans la communauté LGBT, on sait que les budgets vont à 97 % vers des hommes.

C’est-à-dire que dans « L-G-B-T », il y a les lesbiennes et tout le reste, quand même, ce sont des hommes … et 3 % des fonds LGBT vont uniquement aux lesbiennes.

Monique, rebelle du genre.

C’est La Ligue, le fonds de dotation lesbien, qui a sorti le chiffre : seulement 3 % des fonds vont aux lesbiennes. Et donc si, dans cette catégorie lesbienne, on inclut les personnes trans, il n’y aura même plus 3% qui iront aux lesbiennes. Parce qu’en fait, ça sera encore une fois des fonds qui iront aux hommes.

Ce mouvement est un mouvement qui est extrêmement misogyne, c’est un mouvement masculiniste, et son  but principal est de faire effraction dans des espaces que les femmes ont créés pour se protéger des violences masculines. Donc déjà, dans les pratiques, c’est une intrusion et c’est forcément avec des pensées d’agresseurs.

J’observe qu’il n’y a pas de dialogue possible : il y a un raisonnement circulaire qui est asséné sans arrêt et on ne peut pas faire appel à des réflexions intelligentes et construire un dialogue ensemble.

Ce n’est pas un courant de pensée, c’est une secte. Le but n’est vraiment pas de réfléchir sur comment on peut éradiquer les violences de genre, ça, les féministes le font depuis depuis toujours… C’est vraiment d’empêcher les filles et les femmes de nommer leurs agresseurs.

Et j’observe que ça détricote tout le travail que des féministes ont fait. Toutes les avancées féministes en lien avec les droits des femmes sont actuellement détruites! Il y a plus de 50 ans d’avancées qui vont partir en fumée avec les nouvelles lois.

J’observe que le mouvement transactiviste est très en lien avec le lobby prostitueur contre lequel, en tant que féministe, je lutte depuis longtemps et ce n’est pas anodin pour moi de les retrouver dans l’attaque de la loi abolitionniste de 2016, de retrouver toujours les mêmes agresseurs à la fois des lesbiennes et des femmes et en lien avec notre intégrité physique.

Qu’est-ce qui t’a décidé à témoigner aujourd’hui? Est-ce que tu as déjà subi des pressions ou des menaces? Est-ce que tu as déjà perçu un danger pour toi ou ton entourage? Ou te sens-tu parfaitement en sécurité pour parler librement aujourd’hui?

Je me sens menacée dès que j’ose affirmer mes points de vue, je sens que ça peut nuire à ma sécurité et aussi, de manière générale, à mes relations.

C’est très anxiogène de devoir filtrer sans arrêt des choses qui sont tellement légitimes, prendre soin de la sécurité des femmes ne devrait pas être honteux et là pour l’instant je je n’ose pas en parler tout le temps dans ma vie.

Je me sens en danger également quand je milite dans la rue notamment, de me dire que des personnes qui savent déjà que je suis critique du transactivisme peuvent me reconnaître et me porter atteinte physiquement… Voilà.

En même temps, même si je sens un réel danger et notamment je réfléchis souvent à anonymiser mes prises de parole quand je peux mais…

Pour autant, depuis un moment, résonne sans arrêt en moi la phrase d’Audre Lorde « votre silence ne vous protégera pas ».

Depuis que j’ai compris que, de toute façon, les violences sont présentes, je refuse qu’elles me fassent taire.

Monique, rebelle du genre.

C’est beaucoup plus facile d’affirmer mes positions quand nous sommes en nombre. Notamment dans des rassemblements féministes internationaux, c’est vraiment très vivifiant et ça donne vraiment du courage quand on se retrouve à plus de 1000 femmes qui affirment notre critique du genre, et qui affirment nos positions politiques féministes parce que les intimidations fonctionnent beaucoup au niveau individuel et quand on se rassemble et qu’on se soutient les unes les autres, on peut déjà mettre en évidence leurs stratégies de violences et puis aussi, on peut se soutenir quand l’une de nous est attaquée et ciblée. Et en nous ça nous donne la sécurité sociale de nous dire que si moi aussi  je suis attaquée, j’aurai moi-aussi un réseau de soutien qui s’activera. 

Est-ce que tu as une anecdote à raconter concernant la transidentité ou le transactivisme?

Récemment, j’étais présente un rassemblement international et nous étions très nombreuses pour une vigile féministe pour rendre un hommage à nos sœurs tuées et féminicidées. Donc, on avait plus de 800 noms de femmes à qui on a envoyé nos pensées, et à côté il y avait une dizaine de transactivistes qui taguaient des pénis sur le sol et qui disaient “ les femmes trans sont des femmes”…

Je trouvais ça ridicule de voir leur activisme qui, pour eux, c’est plus important de lutter pour que le drapeau des suffragettes, qui sont des féministes qui ont permis le droit des femmes à voter, soit supprimé parce qu’il est jugé transphobe. Alors que nous sommes en train de lutter pour la survie de nos sœurs.

Est-ce que tu as quelque chose à ajouter?

Une chose est très importante pour moi en ce moment, c’est que je refuse de leur laisser la place.

Je refuse qu’ils nous séparent.

Les transactivistes font des ravages actuellement dans la communauté lesbienne, il y a de nombreuses associations historiques qui avaient plus de 40 ans d’activisme et de techniques politiques et il n’y a pas de relève! Donc ces associations et mouvements meurent. Le transactivisme nous sépare. Il attaque les liens entre nous, y compris intergénérationnels et moi, je refuse de leur laisser la place et de les laisser nous diviser.

Merci d’avoir écouté notre parole, merci à Marie pour son précieux témoignage et n’hésitez surtout pas à partager le plus largement possible.

S’il vous plaît signez la déclaration des droits des femmes basée sur le sexe :

https://www.womensdeclaration.com/fr/

Pour nous suivre et/ou témoigner : https://linkfly.to/rebellesdugenre

Mercie les femmes!

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