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Rebelles du genre – Épisode 50 – Kathleen Stock

Kathleen – Alors je m’appelle Kathleen Stock.

J’ai presque 50 ans. Je suis femme, je suis mère, je suis lesbienne, et j’habite en Angleterre.

Et jusqu’à l’année dernière, je travaillais comme prof de philo dans une université en Angleterre, et j’ai dû arrêter tout ça, à cause de mes convictions sur (le) genre et (le) transactivisme… et tout cela.

Rebelles du genre – Bonjour, et bienvenue sur le podcast “Rebelles du genre”. Nous sommes des femmes, militantes pour l’affirmation et la protection des droits des femmes basés sur le sexe, et donc notre biologie. Le sexe est la raison de notre oppression par les hommes, et le genre en est le moyen. Nous sommes les Rebelles du genre. Nous observons aujourd’hui avec fureur des hommes qui envahissent nos espaces, agressent nos sœurs, revendiquent nos droits. Conditionnées à la gentillesse et touchées par leur victimisation, les femmes mettent en général un certain temps à comprendre l’arnaque du mouvement transactiviste, et commencent souvent par soutenir cette idéologie. Puis elles ouvrent les yeux, constatent sa violence, et la refusent. Ce podcast est là pour donner la parole à des femmes qui expliqueront pourquoi et comment elles sont devenues critiques du genre, et qui témoignent de leur parcours. Ecoutons leur parole. 

Kathleen – La première chose que je veux dire, c’est : “qu’est-ce que c’est le genre?”

En anglais, c’est gender. 

Il faut remarquer immédiatement que “gender” ou “genre” a plusieurs sens.  

Ça veut dire des choses différentes, plusieurs choses différentes. Alors si vous voulez dire la masculinité, la féminité, c’est-à-dire les idées culturelles sur les femmes et les hommes… oui, je suis critique des façons, du genre, dans ce sens-là.

Manifestement les femmes ont beaucoup de possibilités, pour être masculines et également les hommes peuvent être féminins, et ça, ça va! Moi je suis plutôt masculin(e), c’est mon idée identité, si vous voulez dire ça.

mais ce mot – genre – , ça veut aussi dire quelque chose de complètement différent, maintenant, c’est-à-dire une identité psychologique. 

Alors le mot, en Anglais, c’est “gender identity”. 

De ces jours, le transactivisme insiste (sur le fait) que tout le monde possède un genre dans ce sens-là, et moi je ne suis pas d’accord avec ça : je pense que oui, parfois, une personne possède un genre -gender identity- dans ce sens-là, mais ce n’est pas universel, et aussi je suis contre les tentatives de changer les lois d’une façon qui supprime les faits autour du sexe, de la biologie, et puis aussi, en même temps, enlèvent le genre -gender identity- d’une façon qui désavantage les femmes.

Alors peut-être que vous connaissez, mais en Angleterre, au Royaume-Uni il y a beaucoup de support (soutien), pour changer les lois. 

Par exemple, un homme qui se sent “comme une femme” peut entrer dans les changing rooms, les vestaires, ou l’équipe de sport, ou la prison… alors là où il y a des espaces pour les femmes, il y a des gens qui disent : “ces espaces-là doivent être ouverts pour les hommes qui se sentent comme des femmes”. Et il n’y a aucun besoin d’avoir des interventions chirurgicales, ou même de s’habiller différemment. Il ne faut pas s’habiller “comme une femme”. C’est juste un sentiment intérieur, qui est supposé assez, suffisant, pour vous donner le droit d’entrer dans ces espaces-là.

RDG – Autrement dit, n’importe quel homme, sur la base de son ressenti, et donc de sa déclaration, peut entrer dans n’importe quel espace réservé aux femmes.

Kathleen – Exactement. C’est l’ambition. L’ambition des gens, soi-disant “progressifs” en Angleterre, et ailleurs dans le monde aussi. Maintenant aux États-Unis, au Canada, en France peut-être.

RDG – Oui, bien sûr.

Kathleen – Alors ça, je suis contre. 

RDG – Nous aussi, on est tout à fait contre.

Kathleen – Parce que, évidemment, c’est les femmes qui vont souffrir, si des hommes, n’importe quels hommes, peuvent entrer dans les vestiaires, par exemple, en disant qu’ils sont des femmes… Ils ne sont pas des femmes! Ils sont des hommes. Mais j’ai toujours su que les hommes ne peuvent pas devenir des femmes. Et aussi le contraire : j’ai toujours su les faits, sur (la) biologie.

Mais il y avait un moment, dans les années 90 peut-être. Quand je pensais “oui, je vais faire semblant, que cet homme, par exemple, qui s’habille comme une femme, qui, peut-être, a eu des interventions chirurgicales, je vais faire semblant que c’est une femme.” Et je ne voyais pas de problème avec ça, parce que c’était un petit nombre de gens, et aussi il n’y avait pas cette demande qu’il s’agit d’identité : c’était une transition chirurgicale, ou quelque chose comme ça.

Alors quand je m’étais rendu rendu compte que la nouvelle idée, c’était que exactement, il n’y avait aucun besoin d’intervention chirurgicale, ou aucun besoin de même s’habiller différemment, mais c’était juste une idée de “inside you” : quelque chose d’intime dans votre esprit, peut-être. 

Ca, j’ai vu des problèmes immédiatement. 

RDG – Alors du coup, je vais creuser un peu : est-ce que ça a impacté la façon dont tu as enseigné, ou les choses que tu avais à dire à tes étudiants?

Kathleen – J’ai enseigné le féminisme, la philosophie et les idées philosophiques en féminisme. Et j’ai remarqué, bien sûr, que cet environnement devenait de plus en plus intimidant. 

Il y avait la censure, l’autocensure.

Et les étudiants, la plupart trouvaient ça très difficile de parler de l’importance de la  biologie, ou… quoi que ce soit!

Parce que dans l’Université anglaise, ces dernières années, ça devient un tabou de dire que les “transwoman”… alors le mantra c’était ‘transwomen are women”, “les femmes trans sont femmes”, et c’est devenu obligatoire de dire : “transwomen are women” : on ne peut pas questionner ça. Et si on questionne, on est un TERF… on est transphobe.

Et les étudiants ne veulent pas perdre leur réputation, alors ils se taisent, et c’est très difficile de parler de tout ça. Et c’est dommage pour le féminisme, manifestement : on doit discuter des effets sociaux de la biologie pour les femmes!

RDG – Bien sûr, c’est une nécessité! Et donc tu as parlé d’autocensure. Donc tu as commencé, à un moment, à te rendre compte que tu ne disais pas complètement ce que tu ressentais? Ou est-ce que tu as lutté contre ça?

Kathleen – Oui, oui… Après que j’aie remarqué qu’il y avait un problème, je me taisais pendant… deux ans peut-être. Et puis je me suis décidée : il faut écrire quelque chose, il faut faire une intervention. Parce que je suis prof de philo, précisément. 

Et puis sinon moi, qui?

C’est mon métier de discuter des choses comme ça, et c’est une question philosophique : qu’est-ce que c’est une femme? Qu’est-ce que c’est un homme? Qu’est-ce que c’est le biologique? Ou qu’est-ce que c’est le genre, qu’est-ce que c’est l’identité de genre?

C’est tout cela : c’est des questions philosophiques!

Alors je voulais les adresser, et puis j’ai eu des problèmes… après!

RDG – Pourquoi penses-tu que cette idéologie est une menace pour les femmes, pour leurs droits, pour les enfants, pour la société et pour la démocratie?

Kathleen – Alors, je crois que les femmes ont des besoins, des intérêts, qui arrivent à cause de leur sexe. 

Alors je crois que les femmes doivent cohabiter sur une même planète que les hommes.

Et les hommes sont plus grands, en moyenne.

Ils sont plus forts, en moyenne.

Ils sont plus agressifs, en moyenne.

Et la plupart des hommes ont un intérêt sexuel envers les femmes.

Et ça, ça a des conséquences. Tout cela.

Alors, par exemple, les femmes ont besoin d’espaces, des vestiaires, ou dans les endroits où elles dorment, où elles se déshabillent, il faut leur donner des espaces pour faire cela sans les hommes. Ça les protège!

Également, dans le sport : les femmes doivent avoir leurs propres équipes, et leur propre “contests” (compétitions) parce que physiquement, elles n’ont pas les mêmes caractéristiques que les hommes. 

Également pour les données sociologiques, économiques et tout cela, on a besoin de connaître qui sont les femmes, qui sont les hommes.

Parce que les femmes à cause d’être mère ou d’être enceinte peut-être, ont des trajectoires différentes économiques par exemple, parce qu’ elles sont souvent des mères. Tout cela ça vient du fait du sexe biologique, ce sont les effets sociaux du sexe et le transactivisme veut dire qu’ il faut oublier tout cela. Maintenant c’est votre identité qui est la chose la plus importante et par exemple si un homme a le sentiment d’être femme, il peut jouer dans une équipe sportive féminine ou il peut entrer dans le vestiaire ou si un homme est condamné à la prison, il sera dans une prison de femmes. Alors c’est manifeste, je pense que tout cela est dangereux ou injuste pour les femmes, je pense que c’est pas compliqué à voir, mais les idées transactivistes, je sais pas, ont gagné le pouvoir et maintenant des gens deviennent aveugles à tout cela.

RDG – Oui c’est étonnant en fait, c’est justement on dirait que subitement les gens ne croient plus leurs yeux.

Kathleen – Exactement ! 

RDG – Et si on était misogyne, on dirait une “mini-hystérie collective” (rires) Evidemment on ne dirait pas ça.

Kathleen – C’est internet qui aide avec ça.

RDG – Ah d’accord. Tu penses que c’est lié  au développement des réseaux ? 

Kathleen – Tout à fait parce que internet a maintenant la capacité de  développer ses idées stupides très vite et puis ça devient utile pour des gens d’être vu en les “supporting”, en les soutenant.

RDG – Là c’est plutôt à la professeuse de philosophie que je m’adresse : est-ce que tu penses que les gens ont renoncé à leur intelligence par rapport à cette idéologie ou est-ce que c’est la peur qui les amène à ne pas croire ce que leurs yeux leur montrent ?

Kathleen – Les deux je pense, en même temps. Je pense qu’il y a relativement peu de voix mais des voix sont fortes et très critiques, ils ont un peu l’esprit de chasser des sorcières. Alors dans toutes les sociétés il y a des gens qui sont narcissiques, qui n’ont pas beaucoup de connaissances de soi, mais qui font beaucoup de bruit et chassent les sorcières. Peut-être sont- ils stupides ou ils ont d’autres motivations, peut-être misogyne aussi, mais à cause de ce groupe là les autres ont peur. Alors les autres ne disent rien parce qu’avec l’Internet et les réseaux sociaux, c’est très facile de dénoncer quelqu’un, très facile, trop facile et on peut perdre beaucoup si on vous dénonce pour avoir des pensées tabous ou “unacceptable”.

Rebelles du Genre – Donc l’effet d’Internet est double, c’est-à-dire il permet de diffuser, de propager ses idées et en même temps de mettre sous pression, traquer les éventuels opposants.

Kathleen – Parce que c’est comme dans un amphithéâtre, tout le monde voit et vous avez connaissance de ça quand vous écrivez quelque chose.

Rebelles du Genre – Oui sauf que là quand on écrit, c’est pas devant 200 ou 400 étudiants mais bien devant des millions de personnes que ça se passe et donc la pression est d’autant plus forte.

Kathleen – je pense que c’est Jean-Paul Sartre qui a dit “ l’enfer c’est les autres” (rires). J’ai dit que c’est un problème pour la sécurité des femmes et leur vie privée. Pour les enfants c’est aussi dangereux parce que les enfants sont très “confused”, les enfants ne comprennent pas l’effet autour de la biologie maintenant parce que leur enseignant disent que “si tu te sens comme une petite fille, tu es une petite fille” par exemple, c’est très tentant pour les enfants et les adolescents qui ont des sentiments homosexuels ou qui sont autistes, de se considérer dans le mauvais corps. Et ce n’est pas possible d’être dans le mauvais corps. Moi je suis lesbienne, je pense que les filles lesbiennes devraient être libres de s’exprimer sans peur d’ être dans le mauvais corps, même les filles masculines, même les filles qui aiment les filles, tout cela c’est normal. 

Mais maintenant on a ce message disant qu’elles doivent se médicamenter ou se changer ou elles ne sont pas des vraies filles.

Rebelles du Genre – En fait, ce dont tu parlais par rapport aux enfants, c’est un peu l’idée de la pensée magique, c’est à dire que c’est la pensée qui maintenant domine le corps : “je pense que je suis ça, donc je le suis” Alors que logiquement quand on grandit, bah normalement on sort de la pensée magique.

Kathleen – C’est un peu comme Descartes avec “l’âme et le corps” qui sont des choses différentes et maintenant votre âme est un genre et ça c’est le vrai vous et votre corps c’est quelque chose de différent et ça peut être mauvais. Et c’est ridicule ça, le dualisme de Descartes ça n’a pas de sens.

Rebelles du genre – Oui : nous sommes nos corps.

Kathleen – Oui : nous sommes nos corps, oui exactement ! Le transactivisme est très militant et comme je l’ai décrit, c’est difficile à dire que les femmes trans ne sont pas des femmes, c’est très difficile à dire cela maintenant. Alors il y a des efforts énormes pour silencer les critiques du transactivisme. En France aussi ! Alors on dit vous êtes fascistes, vous êtes transphobes, vous êtes comme un antisémite, il dit n’importe quoi pour vous silencer.

Rebelles du genre – D’extrême-droite…

Kathleen –  Extrême-droite, exactement !

Rebelles du genre – Religieux…

Kathleen – Chrétien, extrême, toutes les insultes pour simplement vous faire taire. Et ça c’est un problème pour la démocratie évidemment et particulièrement pour les femmes qui ont le droit de parler de leur propres intérêts sans peur d’être insultées ou dénoncées ou perdre leur emploi.

Rebelles du genre – Merci de témoigner aujourd’hui. Est-ce que tu pourrais développer sur ce qui t’a poussé à parler et les difficultés que tu as rencontré quand tu t’es exprimée sur ces questions-là ? Et notamment l’impact que ça a pu avoir sur ta vie personnelle et sur ta vie professionnelle ?

Kathleen – j’ai voulu parler parce que j’étais prof de philo et je pensais que ces problèmes étaient très importants et c’était aux gens de parler de tout cela et j’ai remarqué que dans les universités il y avait le silence sur les problèmes avec le transactivisme. Il y avait des profs qui étaient très pour,  très enthousiastes pour tout cela : “Transwomen are Women”, “Self ID”, cette idée que si vous vous sentez ou vous identifiez comme une femme, alors vous êtes une femme. Et moi j’ai vu des problèmes, j’ai voulu parler des problèmes, j’ai commencé : j’ai écrit des blogs et puis j’ai parlé en public et j’ai fait des interviews et puis il y a eu des problèmes pour moi. Simplement un groupe relativement petit mais fort a protesté contre moi, puis des collègues ont protesté contre moi, aussi il y avait des lettres ouvertes contre moi. “Basically” au fond il y avait plusieures tentatives “to remove me” de me faire quitter mon emploi et c’était dans le cours de 2018 que ça a commencé. Finalement l’année dernière un groupe d’ étudiants ont décidé de faire des manifestations contre moi sur mon campus et c’était affreux : ils avaient des flambeaux, des masques, ils s’habillaient comme des antifas, il se désignait antifascistes.

Rebelles du Genre – En France aussi ils prétendent être antifas…

Kathleen – Et moi ils prétendaient que j’étais fasciste et eux ils étaient des antifascistes, ils s’habillaient comme des antifascistes avec des flambeaux, avec le graffiti, avec un manifesto contre moi et c’est devenu sérieux pour moi et très difficile à continuer à enseigner dans cet environnement avec des hommes masqués contre moi pour mes convictions. Alors finalement j’ai quitté, j’ai quitté l’université du Sussex après 18 ans de service parce que j’étais complètement isolée, c’était très vite difficile de trouver des gens qui voulaient me soutenir en public, alors j’étais très isolée et ça c’est très difficile quand il y a des hommes masqués qui veulent vous agresser.

Rebelles du Genre – Vraiment je sais pas quoi te dire, je trouve ça, je savais l’histoire mais l’entendre dire de ta voix ça, moi ça me.. Je trouve ça bouleversant et tellement choquant et moi je suis enseignante aussi et dire que tes collègues ne t’ont pas soutenue c’est insupportable en fait.

Kathleen – Bon quelques-uns m’ont envoyé des e-mails privés mais ce que je voulais à ce moment-là, c’était des gens à côté de moi. Et ça n’arrivait pas. Il faut aussi dire que Sussex,  c’est une université basée à Brighton et c’est le centre LGBTQ etc… C’est le centre “gay” alors c’était très difficile dans cet environnement- là de discuter de tout cela calmement.

Rebelles du Genre – Pourtant le terme LGBT commence par le “L” mais vraiment, on se rend compte à quel point les lesbiennes sont particulièrement violentées par le transactivisme.

Kathleen – Exactement ! Justement mes collègues, la plupart sont des hétérosexuels et mes critiques étaient hétérosexuelles (rires). C’est bizarre mais quelques-uns se désignaient “Queer” mais elles étaient des hétéros, c’est comme ça. J’étais là un mois je pense, mais j’étais malade et c’était vraiment difficile quand j’ai démissionné. Mais ces activistes se sont réjouies d’avoir réussi à me pousser “out”. Maintenant j’écris et je fais d’ autres choses. Je n’ai pas envie d’ être dans une université en ce moment parce que c’est trop difficile de discuter de tout cela et maintenant je suis d’un coup célèbre un peu, je ne pense pas que je trouverai un emploi en effet.

Rebelles du Genre – Oui j’ai lu sur ton blog récemment que tu étais à la gare et qu’il y a un transactiviste qui t’a reconnue c’est ça, donc tu es devenue un peu le personnage maléfique “Voldemort”, tu es “Lady Voldemort” (rires).

Kathleen – Oui exactement ! J’étais à la gare avec mes fils et j’ai vu cet homme s’habiller dans une robe,  il me faisait un doigt d’honneur et il avait l’air très en colère, il avait l’air fâché. Et c’était bizarre parce que je l’ai jamais vu de ma vie mais il me connaît comme un problème pour lui à cause de mes mots. Et mes mots sont très calmes et raisonnables et j’ai écrit un livre avec tous ces arguments et ses propositions, je suis intellectuelle, mais lui était très fâché contre moi. 

Rebelle du genre – Tu es devenue une sorte d’ épouvantard pour rester dans l’univers tu vois ce que c’est l’épouvantard ? C’est dans l’univers Harry Potter tu sais c’est les trucs…

Kathleen – Oh ! Des “dementors”.

Rebelle du genre – Ou c’est ça en anglais, tu es devenue l’épouvantard,  tu fais peur aux fripouilles ! Donc aujourd’hui, est-ce que tu te sens en sécurité aujourd’hui ? 

Kathleen – Des fois non, des fois oui, la plupart de temps oui.  Mais non, quand j’ai vu cet homme là non !

Rebelle du genre – Surtout que tu étais avec tes enfants donc j’imagine que ça augmente le stress.

Kathleen – Exactement, j’ai un visage connu maintenant, c’est bizarre parce que j’ai presque 50 ans et maintenant je suis un peu célèbre, c’est bizarre, mais c’est vrai que les gens me reconnaissent dans la rue.

Rebelle du genre – Est-ce que tu vas parler quand même du fait que J.K Rowling t’a soutenue ? Tu vas le dire à un moment ou pas ? (rires)

Kathleen – je suis très reconnaissante envers J.K pour m’avoir soutenue et je pense qu’elle est une femme superbe et vraiment courageuse aussi, elle a fait beaucoup pour les femmes juste par discuter en public c’est une chose compliquée, alors je l’aime.

Rebelle du genre – En fait nous aussi on l’aime tellement pour son courage et pour son humour (rires) C’est tellement drôle parce que des fois elle les plie en quatre, elle les repasse et elle les jette ! C’est tellement drôle ! 

Voilà mais c’est vrai qu’elle a pris position publiquement pour toi à un moment donné.

Kathleen – Exactement et pour tout le monde qui ne peuvent pas parler. 

Rebelles du Genre – c’est tellement important d’avoir des modèles de femmes qui parlent, qui ne sont pas en danger, enfin si elle est en danger bien sûr comme toutes les femmes, mais qui ne risque pas sa carrière pour s’exprimer. Qu’elle fasse ça c’est vraiment… Et puis elle est tellement connue et tellement géniale !

As-tu une anecdote à raconter sur un événement qui t’a marquée concernant la transidentité ou le transactivisme ?

Kathleen :  Ok ça va être peut-être difficile à décrire mais il y avait un événement il y a deux ans, trois ans je pense, c’était un “public meeting”, une réunion publique à Brighton organisée par “A Woman’s Place” c’est une organisation féministe, et il y avait beaucoup de transactivistes, là, sur le pas de la porte, juste en dehors du bâtiment. Ils criaient, ils jetaient de l’eau, il m’ont tapé sur la tête quand j’ai essayé d’entrer, je ne pouvais pas trouver l’entrée. Il y avait tout ce bruit, ces cris, ces gens. J’avais l’impression d’être vraiment détestée et puis on est entrées, on a essayé d’écouter les paroles des femmes, à cet événement. 

Et les transactivistes ont entouré le bâtiment, et avec leurs bottes, ils ont tapé sur les vitres avec leurs pieds. Alors on a essayé, les femmes ont essayé de parler de leurs intérêts propres, de leurs besoins, et tous ces transactivistes ont essayé de rendre ça impossible pour tout le monde. 

C’était vraiment effrayant, cet événement-là, pour moi. Et ça m’a montré le caractère du transactivisme : c’est autoritaire, c’est misogyne, et ça n’a pas de place dans une société démocratique. Parce que les femmes voulaient discuter de leurs intérêts, c’est tout!

Et de leurs différences avec les hommes c’est tout. 

C’était vraiment impressionnant !

Rebelles du Genre – C’est vraiment grave qu’on en soit là quand même…

Kathleen – Ouais et ça m’a marquée. J’étais vraiment différente après ça.

Rebelles du Genre – Et ça c’était quand tu enseignais encore ?

Kathleen – Oui oui ! Ça c’était, je pense en 2019, c’était 2019 je pense. 

Rebelles du Genre – Est-ce que tu as d’autres anecdotes ? Tu as dit “j’en ai plein” !

Kathleen – Il y avait plusieurs fois où j’étais invitée à parler, dans une université par exemple, et puis ils ont essayé de trouver un transactiviste pour discuter avec moi pour “balance”, pour équilibrer le débat et ça c’est quelque chose que personne ne fait dans les autres sujets mais ils ont essayé de trouver un transactiviste pour débattre. Personne n’a accepté, c’était impossible de trouver un interlocuteur.

Et c’est une tactique aussi, parce que moi je ne peux pas, je n’ai le droit de parler sans  un opposant. C’est juste une autre tactique.

Rebelles du Genre – En fait s’ils étaient pas disponibles, c’est qu’ils étaient en train d’essayer de trouver une définition non circulaire du mot Femme. (rires) 

Ils cherchent encore ! 

Kathleen – Exactement ! (rires)

Rebelles du Genre – Donc alors, la dernière question c’est : “As-tu quelque chose à ajouter ?” Si tu préfères le faire en anglais il n’ y a pas de problème, on le traduira. Ce qui serait vraiment intéressant, ce serait que tu puisses vraiment parler de cœur à cœur avec les femmes qui t’écoutent.

Kathleen – Je vais essayer en français mais peut-être que ça ne va pas marcher. 

Je voulais dire qu’en France, il faut trouver les autres femmes, qui ont les mêmes préoccupations que vous, et travailler ensemble. En France, vous êtes au début, je pense, de ce voyage. En Angleterre, on est un peu plus “avancés”, le public a plus conscience de ces problèmes mais en France je pense que non. Je pense que personne ne comprend les problèmes : c’est trop facile de dire que “c’est juste des fascistes” ou “contre les droits”… 

Alors il faut parler si vous en avez le pouvoir, il faut parler. 

Mais il faut aussi s’unir avec les autres pour se soutenir. 

Et aussi dans les autres pays je pense, parce que c’est un problème européen.

Il va falloir vraiment résister à tout cela, ensemble avec les autres femmes.

Pas des féministes particulièrement, il ne faut pas être féministe pour avoir des problèmes avec tout cela. 

Moi je suis féministe.

You don’t have to be signed up to feminist principles to worry about men that say they are women, getting into women’s refugees or hostels, or sports teams. 

So… this is a problem that affects every woman, and girl, potentially, in France. 

And I think that message is important too : it’s a basic problem for women. 

Vous n’avez pas à être féministes pour vous inquiéter au sujet d’hommes se disant femmes, et pénétrant dans les refuges, hôtels, ou équipes sportives pour femmes. 

C’est un problème qui va potentiellement affecter toutes les femmes et les filles en France et je pense que ce message est important également : c’est un problème tout à fait fondamental pour les femmes.

Rebelles du Genre – Merci d’avoir écouté notre parole et n’hésitez surtout pas à partager le plus largement possible. S’il vous plaît signez la Déclaration des Droits des Femmes basées sur le sexe

http://www.womensdeclaration.com

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